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Imaginez une rencontre entre Françoise Hardy et Christophe. Ou un mariage entre Serge Gainsbourg et Joan Baez, à qui Marie-Flore doit son prénom. Et vous aurez alors une petite idée du nouveau son de l’auteur-compositrice et interprète française.

Après des débuts parrainés par Peter Doherty, elle publiait en 2014 son premier album, By The Dozen (Naïve). Puis, fidèle à sa personnalité de self made woman, elle reprenait son indépendance afin de se consacrer à un nouvel enjeu artistique. Si Marie-Flore l’avait jadis timidement abordée, elle retourne aujourd’hui à la langue de Molière, sans oublier pour autant ses références anglo-saxonnes : The Velvet Underground, The Brian Jonestown Massacre ou encore Leonard Cohen.

Voici l’EP Passade digitale, donc, baptisé d’après le morceau du même nom qui mêle groove, vocodeur et langueur d’une chanson parfaitement française. Irrésistible. Dans la beauté des mélodies, on reconnaît le passif folk de Marie-Flore, qui utilise sa voix comme elle ne l’avait jamais fait avant, recouverte d’un voile d’une finesse quasi imperceptible.

Refusant l’ennui mais entretenant la contemplation, habillant sa chanson française d’échos venus d’outre Manche et au delà de l’Atlantique, Marie-Flore sait nous parler comme personne le fait actuellement : avec une sincérité abrupte, que seule transperce sa dextérité poétique.